Affiches Films à l'affiche mercredi 27 septembre 2023
The Walt Disney Company France/ Ad Vitam/ Apollo Films- EuropaCorp Distribution

Ce qu’il faut voir en salles

L’ÉVÉNEMENT
THE CREATOR ★★☆☆☆

De Gareth Edwards

L’essentiel

Le réalisateur de Rogue One s’embarque dans une belle odyssée de science-fiction, mais qui ne parvient pas au niveau de ses modèles.

Nous sommes en 2070 et des poussières : la révolte des intelligences artificielles incarnées dans des corps robotiques a dégénéré jusqu’au conflit nucléaire et divisé le monde en deux. D’un côté, l’Occident intolérant mené par des USA militaristes, de l’autre une Nouvelle- Asie plus ouverte qui considère les robots comme des êtres pensants au même titre que les humains. Joshua, un ancien des forces spéciales, effectue une mission dangereuse au nom de l’Amérique : trouver le créateur des IA afin de mettre un terme au conflit pour de bon. On aimerait bien pouvoir qualifier le nouveau film de Gareth Edwards de révolution dans le domaine de la SF au cinéma, d’odyssée surexcitante et visionnaire, mais le résultat est difficilement séparable de ses sources. C’est un film beau et soigné, très joliment designé mais qui n’offre rien de bien neuf comparé aux derniers grands films de SF comme Blade Runner 2049, Alita : Battle Angel ou Ghost in the Shell

Sylvestre Picard

Lire la critique en intégralité

PREMIÈRE A BEAUCOUP AIME

LE PROCES GOLDMAN ★★★★☆

De Cédric Kahn

Depuis au moins Saint-Omer d’Alice Diop, le film de procès semble obséder nos cinéastes. En compétition avec une Palme d’Or à la clé, Justine Triet  (Anatomie d’une chute) et en ouverture de la Quinzaines des Cinéastes, Cédric Kahn avec son Procès Goldman semblent se regarder à distance. Kahn fait la proposition la plus radicale, optant pour une immersion (quasi) totale dans la cour d’assises où se joue, en novembre 75, le sort de Pierre Goldman, jeune rebelle hargneux, accusé d’avoir tué deux pharmaciennes en plein Paris lors d’un braquage. Derrière cette affaire très politique (racisme supposé de la société française), il y a des hommes et des femmes qui se débattent avec leurs vérités et leurs mensonges. Kahn instaure une tension par la parole qui tient en permanence son film sur une ligne de crête psychologique. Assurément, l’un des plus grands films français de l’année

Thomas Baurez

Lire la critique en intégralité

N’ATTENDEZ PAS TROP DE LA FIN DU MONDE ★★★★☆

De Radu Jude

Deux ans après Bad luck banging or loony porn objet ovni, apothéose du burlesque, Radu Jude en remet une couche. Dans une démarche faussement documentaire, la caméra fixée à la portière suit Angela, une assistante de production déjantée qui arpente Bucarest en bagnole pour le casting d’une publicité. Exploitée par la firme qui l’embauche, méprisée par les hommes qu’elle croise, Angela en devient cynique, vulgaire, abjecte. Hypnotique aussi lorsqu'elle interprète son alter-ego Bobita, influenceur masculiniste, la comédienne Ilinca Manolache capte les regards dans ce rôle hors norme et bousille tout sur son passage. Politisée en son cœur, cette comédie grinçante a l’élégance de rester à distance, comme pour mieux permettre l’introspection. Radu Jude n’a peur de rien, et surtout pas de laisser son film parler de lui-même. 

Lucie Chiquer

 

PREMIÈRE A AIME

DOGMAN ★★★☆☆

De Luc Besson

Dogman est un film excessif. Mélange de mélo destroy et de revenge movie parano, il est porté par une vision maniériste qui tombe parfois à côté de la plaque, mais réussit régulièrement le strike. Quand Dogman apparaît, il est couvert de sang et de paillette, porte une perruque qui le fait ressembler à Marilyn. Face à une psychologue de la police, il va alors, progressivement, raconter son histoire tragique – de son enfance martyr au cabaret de drag queens en passant par le fauteuil roulant. Des narcos qui explosent une maison, un enfant sauvage élevé par des chiens, un transformiste qui chante en playback La Foule de Piaf… Ne cherchez pas, vous n’avez jamais vu ça nulle part. Mais s’il faut trouver la raison de cette étrange réussite, on peut avancer trois mots : Caleb Landry Jones. Un acteur hors-norme, qui parvient juste par son intensité à transcender son rôle de freak gentil et à pousser tous les curseurs dans le rouge. Une vraie perf.

Pierre Lunn

Lire la critique en intégralité

NOUVEAU DEPART ★★★☆☆

De Philippe Lefebvre

Pour son deuxième long, Philippe Lefebvre (Le Siffleur) s’intéresse au syndrome du nid vide. Celui qui frappe le couple de quinquas, Alain et Diane quand leur fils cadet prend son envol et qui pousse Alain à essayer de sauver cette union déliquescente par une tactique audacieuse : quitter Diane en espérant raviver la flamme chez elle. Rien de très original dans ce pitch, certes, ni dans la réalisation de cette comédie de remariage. Et pourtant le charme agit. Celui d’une comédie de situations maline et rythmée (co- écrite avec Maria Pourchet, autrice de Western, roman majeur de la rentrée littéraire), riche en personnages secondaires tricotés avec soin. Et celui du duo Karin Viard- Franck Dubosc qui, formés ensemble au Conservatoire de Rouen, se retrouvent pour la première fois têtes d’affiche du même film. L’énergie contagieuse de l’une et le jeu mezzo vocce de l’autre se marient à merveille.

Thierry Cheze

JEUNE CINEMA ★★★☆☆

De Yves- Marie Mahé

Parmi les manifestations mythiques de la cinéphilie qui font saliver les jeunes générations dans le sillage du Festival du film maudit de Biarritz, naissait en 1965 le Festival du jeune cinéma, à Hyères. Jusqu’en 1983, il sera le lieu français privilégié de l’avant-garde cinématographique, accueillant Leos Carax, Chantal Akerman, cinéastes et acteurs de la Nouvelle Vague et tout autant de débats enflammés voire de polémiques. Si le documentaire réussit dans l’ensemble à retracer l’histoire de cette manifestation, il se repose parfois malheureusement trop sur ses archives à disposition, et un montage rudimentaire de séquences chronologiques. Comprenons-le toutefois : pourquoi se refuser le plaisir d’écouter Claude Chabrol ou Marguerite Duras parler de films innovants, que l’on rêverait de (re)voir projetés au cinéma, ou dans un nouveau festival de cette trempe ?

Nicolas Moreno

AU CLEMENCEAU ★★★☆☆

De Xavier Gayan

Les jours passent et les mêmes visages se succèdent au comptoir du Clémenceau. Dans ce bar PMU de Saint-Raphaël se rencontrent des solitudes. Les représentants de ce que l’on appelle parfois la France périphérique. Certains ont même été Gilets Jaunes. Muni d’une simple caméra, Xavier Gayan écume le bar et tente de capter la vérité des personnages cabossés qu’il y rencontre. Paradoxalement, ces plans serrés de conversations ordinaires entre habitués du bar se teintent vite d’une coloration politique puissante. Tous sont traversés par de grands drames: le racisme, les violences sexuelles subies durant l’enfance, le chômage. L’ensemble est imparfait, comme ses personnages, et tire parfois en longueur. Mais le documentariste capte une forme de vérité et dresse un portrait émouvant de la France des classes populaires.

Emma Poesy

Retrouvez ces films près de chez vous grâce à Première Go

PREMIERE A MOYENNEMENT AIME

NON ALIGNES : SCENES DES ARCHIVES LABUDOVIC ★★☆☆☆

De Mila Turajlic

En s’attachant à filmer la recherche d’archives puis l’explication de la place qu’a occupé le cinéma dans le Mouvement des non-alignés (sur les blocs de l’Ouest comme de l’Est), Mila Turajlić propose un sujet de documentaire passionnant. Mais entre les lourdeurs explicatives et les souvenirs racontés par Stevan Labudović (chef opérateur du Président yougoslave Tito), le film veut en faire trop et peine à mettre en valeur la préciosité des images qu’il découvre.

Nicolas Moreno

CINE- GUERILLAS : SCENES DES ARCHIVES LABUDOVIC ★★☆☆☆

De Mila Turajlic

Après Non- alignés, la seconde partie du diptyque documentaire de la réalisatrice Mila Turajlić se concentre sur les images que Stevan Labudović (le chef op’ du Président yougoslave Tito) a produites à Belgrade, aux Nations Unies ou encore pendant la guerre d’Algérie. S’il est émouvant de découvrir la vivacité de cet héritage, le film peine à trouver le sujet duquel partir pour documenter la guerre des images de cette époque pour la lutte anticoloniale.

Nicolas Moreno

 

PREMIERE N’A PAS AIME

COUP DE CHANCE ★☆☆☆☆

De Woody Allen

La star de Coup de chance, sa principale attraction, ce n’est ni son script à la Match Point, ni  Paris, ni le style Woody Allen mais Melvil Poupaud ! Génial et hilarant en bourgeois machiavélique orchestrant la perte de l’amant romantique de sa femme. Sauf que Coup de chance se veut moins un film de performance qu’un thriller bien réglé dans un Paris de carte postale et c’est là que ça coince. Car la carte postale ne dissimule ni cruauté, ni mordant, ni ironie. Et parce qu’en termes de cinéma, le dépaysement d’Allen à Paris se réduit à une enfilade de clichés bourgeois bien loin de la vision fantasmée et fantomatique que le cinéaste projetait sur New York.

Sylvestre Picard

Lire la critique en intégralité

CLUB ZERO ★☆☆☆☆

De Jessica Hausner

Miss Novak, la nouvelle prof de nutrition (Mia Wasikowska, génialement robotique) d'un très chic lycée privé, initie ses élèves à « l'alimentation pleine conscience ». Sous son emprise, les mômes diminuent drastiquement leurs rations quotidiennes de nourriture, afin d'atteindre un soi-disant niveau de conscience supérieur… Un vrai- faux thriller ricanant, qui se paye les chantres du développement personnel et les richissimes parents démissionnaires. Jessica Hausner (Little Joe) applique à sa mise en scène l’épure que Miss Novak attend de ses lycéens, mais ce minimalisme plastique empêche le film de dérailler. Englué dans la satire faussement saillante, Club Zéro torpille toute possibilité de créer le malaise (une inoffensive scène de vomi ingurgité). Pas si drôle et toujours là où on l’attend.

François Léger

Lire la critique en intégralité

WE HAVE A DREAM ★☆☆☆☆

De Pascal Plisson

Ce documentaire s’ouvre sur une petite fille née prématurée, amputée d’une jambe, en plein cours de danse puis au côté de sa jumelle qui, elle, n’a pas eu à vivre ce tragique coup du sort. Ce qu’elle raconte à Pascal Plisson (Sur le chemin de l’école), sourire désarmant aux lèvres, est bouleversant et la promesse de passer du temps avec elle et ses proches, passionnante. Sauf que ça n’arrivera pas. Car le projet est ici d’aller à la rencontre, aux quatre coins du monde, d’enfants qui, comme elle, n’ont abandonné aucun de leurs rêves à cause de leur handicap. De belles intentions inattaquables. Mais embrasser six destins en 1h30 oblige à survoler chacun et donne un côté catalogue d’images d’Epinal à ce film gangréné par son sentimentalisme, symbolisé par l’omniprésente musique sirupeuse qui l’accompagne et semble chercher à tordre le bras à ceux qui n’ont pas versé leur petite larme.

Thierry Cheze

POISSON ROUGE ★☆☆☆☆

De Hugo Bachelet, Clément Vallos et Matthieu Yakovleff

Guillaume souffre d’une maladie neurodégénérative, il oublie tout. Avant de partir en centre de soin, ses amis l’emmènent en week-end. Si le scénario de ce mélo propose quelques vagues péripéties, il n’offre aucune résolution à ses pauvres personnages. A quelques exceptions près (Denis Lavant, qui a l’air de s’être trompé de film), les comédiens sont aussi mauvais que la trame narrative, incapable de choisir son camp entre humour et émotion.

Emma Poesy

 

Et aussi

Caillou, chou, hibou, programme de courts métrages

Danse ! , de Godefroy de Maupeou

Self- fiction, self- migration, de Fabienne Le Houérou

Xaraasi Xanne, de Raphaël Grisey et Bouba Touré

La reprise

Mark Dixon, détective, de Otto Preminger