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Le créateur de Buffy contre les vampires et réalisateur des deux Avengers a un problème avec le cinéma (américain) contemporain. Et il sait le résoudre.

Joss Whedon a donné une conférence d'une heure lors du Comic Con de San Diego pour répondre aux questions du public, et d'après nos confrères de Vulture les questions tournaient autour de deux thèmes : "flatter Joss" ou "demander si Buffy va revenir" (et personne pour Firefly?). Mais surtout, Joss a passé un bon moment à parler des problèmes du cinéma contemporain. Enfin, des blockbusters, ce qui revient au même. Trop de pub, trop en amont, trop d'influences des gros studios dans le processus. "Un des problèmes, c'est que le dialogue régresse entre le public et les gros studios, car ils veulent sans cesse trouver le plus petit dénominateur commun (NDLR : donc simplifier les intrigues au maximum). Ca ne veut pas dire que les films sont mauvais, c'est juste que le processus créatif est en train de se fossiliser", explique Joss. "Et en même temps, le public est plus enclin à aller voir des films qu'ils aiment déjà, qu'ils connaissent déjà." De quoi tuer de futurs films originaux, donc. Joss, qui a accouché dans la douleur d'Avengers : L'Ere d'Ultron après le sommet Avengers, sait de quoi il parle en matière de marketing écrasant.

Pour tenter ce résoudre ce problème, Joss s'est rappelé de sa jeunesse : "tu allais au cinéma et tu ne savais pas du tout ce que tu allais voir", a-t-il raconté. "Mes parents étaient trop heureux de se débarrasser de moi, même si le film était interdit aux moins de 17 ans. C'était le deal. J'allais voir un film, j'ouvrais la boîte et je découvrais ce qu'il y avait dedans. On ne fait plus ça. J'ai du mal à aller voir un film après avoir vu sa bande-annonce parce que j'ai déjà vu le film. Malheureusement, pour changer ça il faut inventer une plate-forme où le public verrait des films avec ce genre de deal, "je ne sais rien du film", avec quelques autres paramètres..." Joss admet que ce genre de truc n'existe pas et se demande s'il aura un public. En deux mots, il faudrait donc s'habituer à voir des films en sachant le minimum vital. Mais le tabassage promo semble être encore la norme chez les studios encore pour longtemps (cf. Suicide Squad et ses teasers aussi surexcitants qu'envahissants). Sinon, Joss serait au boulot -au moins depuis avril- sur un mystérieux film qui n'aurait rien à voir avec ses super-films Marvel/Disney. On a hâte de voir ça, mais dites donc Joss, est-ce qu'on pourra aussi le voir sans rien en connaître ?