Affiche_Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux
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Shang-Chi et la légende des 10 anneaux

Marvel est enfin de retour sur grand écran. La parenthèse Covid et le triomphe des séries (WandaVision, Falcon et Le soldat de l’hiver ou Loki) laissaient penser que le vrai centre de gravité des héros capés avait fini par glisser définitivement vers le petit écran. Le très médiocre Black Widow n’avait pas vraiment rassuré… Et voilà que débarque Shang-Chi et la légende des 10 anneaux, blockbuster modeste pour l’écurie Marvel, mais suffisamment spectaculaire et très divertissant pour nous redonner la foi.

Pierre Lunn
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Ride your wave

Au bout de vingt minutes de film, on sent qu'il y a un truc. On le sent venir. Et on n'aime pas ça. Ce coup de foudre entre un jeune pompier studieux et une surfeuse délurée est trop belle, trop parfaite -y compris dans ses erreurs et ses maladresses charmantes- pour durer. Ce n'est pas un spoil, et mieux vaut s'y préparer : le pompier meurt noyé et sa fiancée sombre dans la douleur. Mais comme nous sommes dans une fantasy animée, son fantôme va surgir pour l'aider à relever la tête.

Sylvestre Picard
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Il Varco

C’est à un exercice périlleux que s’essaie le duo Ferrone- Manzolini avec ce film qui mêle documentaire et fiction. Raconter ce que vivait un soldat de Mussolini partant pour le front russe en 1941 en s’appuyant pour le texte (dit en off) sur des journaux intimes de militaires italiens et, pour l’image, de films d’archives tournés pendant cette période. Tout sauf factice, le résultat est fascinant.

Thierry Chèze
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Gogo

L’école est décidément le sujet de prédilection de Pascal Plisson. Après le carton de Sur le chemin de l’école en 2015 et Le Grand jour en 2019, le documentariste s’intéresse cette fois- ci à un personnage qu’aucune fiction n’aurait sans doute osé inventer. Une sage- femme kényane analphabète qui… à 95 ans décide de revenir sur les bancs de l’école pour réussir son examen de fin de primaire, encouragée par ses 54 arrières petits enfants ! Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas fondre devant ce personnage hors du commun.

Thierry Chèze
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Un triomphe

On a découvert Emmanuel Courcol réalisateur en 2016 avec Cessez le feu. Mais avant de passer derrière la caméra, il fut acteur. Et c’est sans doute ce qui l’a poussé à porter à l’écran ce récit inspiré d’une histoire vraie vécue par un Suédois. Celle d’un acteur en galère qui accepte d’animer un atelier théâtre dans une prison. Au départ pour boucler ses fins du mois. Mais très vite, il va avoir une double révélation : le talent – dont ils n’ont pas conscience - de ceux qu’il dirige et son plaisir à mettre en scène pour la première fois.

Thierry Chèze
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Attarabi et Mikelats

Chantre d’un cinéma délicieusement littéraire pour les uns, insupportablement chichiteux pour les autres, où le phrasé de ses comédiens rappelle ceux de Bresson et Rohmer, Eugène Green s’attaque ici à un mythe de la culture basque. Deux frères, Atarrabi et Mikelats sont confiés à leur mère au diable avant que, devenus jeunes adultes, le premier ne décide de s’enfuir, tandis que le second reste. Tourné en basque, ce film détonne forcément dans le paysage cinématographique français et cette ode radicale à la spiritualité en laissera beaucoup sur le bord du chemin.

Thierry Chèze
Affiche_Cendrillon
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Cendrillon

Transformer les contes de fées en fable sur le « Women Empowerment » est un exercice foutraque. Un féminisme didactique lourdingue, qui s'échine à relooker la naïve princesse en héroïne affirmée et sûre de sa force. Cette resucée de Cendrillon post-#MeToo, concoctée pour Amazon, met les pieds dans la plat et transforme le fillette brimée de Charles Perrault en créatrice de mode confinée dans les sous-sol de sa belle-mère. Elle ne rêve pas du Prince Charmant (elle va le rencontrer quand même), mais de son propre business !

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Chers camarades !

C’est un épisode de l’histoire de l’URSS période Khrouchtchev longtemps mis sous le boisseau par le régime soviétique. La première fois que des prolétaires osèrent défier le pouvoir avec une manifestation (dans la ville de Novotcherkassk) réprimée dans une implacable brutalité provoquant 28 morts dont les corps furent enterrés à la va- vite pour être introuvables. Konchalosvky s’empare de cette tragédie mais par le prisme d’un personnage qui va le vivre, sous haute tension, en perdant heure après heure tous ses idéaux. Elle s’appelle Lyudmila (Yuliva Vysotskaya, saisissante).

Thierry Chèze
Affiche_Le Fils de l'épicière, le maire, le village et le monde
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Le fils de l'épicière, le maire, le village et le monde

Ce titre à rallonge ne ment pas. Dans son nouveau documentaire, Claire Simon (Récréations) aborde énormément de sujets au cœur de Lussas, bourgade ardéchoise qui accueille depuis 1989 les Etats Généraux du documentaire, festival incontournable du genre. Elle raconte ainsi la création compliquée de Tënk, la plateforme dédiée au genre tout en allant à la rencontre des vignerons (dressant un parallèle entre leur monde et celui du cinéma indépendant et associatif) comme des habitants du village en lutte contre l’isolement socio- culturel qui les menace.

Thierry Chèze
Affiche_Être avec les Abeilles
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Être avec les abeilles

« Faire avec la nature et non contre elle », peut-on lire sur un carton au début d’Être avec les abeilles. Un bon résumé de ce documentaire qui passe plus d’une heure à nous expliquer dans le détail pourquoi les abeilles sont essentielles, et comment préserver au mieux leur bien-être, déréglé par l’activité humaine. La forme est classique (une série de spécialistes de l’apiculture se succèdent à l’écran), le montage un peu « roots » et approximatif.

François Léger
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Laila in Haifa

Louons l’acharnement avec lequel le cinéaste Amos Gitaï (Kadosh, Free Zone, Un tramway à Jérusalem...) se sert de son art pour opérer un rapprochement entre Israéliens et Palestiniens. Son nouveau long-métrage se passe quasi intégralement dans un haut lieu de la nuit d’Haifa, le Club Fattoush, ouvert en réaction à la fermeture par la mairie du seul théâtre arabe de la ville. Le film débute par un long plan-séquence raccordant l’extérieur de la rue (témoin d’une scène de violence) à l’intérieur du bar aux couleurs chaudes et accueillantes.

Thomas Baurez
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Une histoire d'amour et de désir

Le présent film, second long-métrage de Leyla Bouzid après A peine j’ouvre les yeux (2015), a clos de belle manière la dernière Semaine de la Critique cannoise (60 printemps cette année). Son titre même, a eu valeur de promesse : passée, présente et à venir. Nous suivons ici les prémices d’une relation amoureuse entre Ahmed, jeune homme de 18 ans d’origine algérienne et Farah, fraîchement arrivée à Paris depuis Tunis, pour poursuivre ses études de Lettres. C’est d’ailleurs sur les bancs de la fac que ces deux-là se rencontrent.

Thomas Baurez
Affiche_Reminiscence
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Reminiscence

Dans un Miami à moitié submergé (dérèglement climatique oblige), Nick Bannister (interprété avec classe par Hugh Jackman) est un ancien soldat devenu détective privé. A l’aide d’une étrange machine, il s’invite dans la mémoire de ses clients qui peuvent revivre des moments de leur propre passé en 3D. Lorsque la mystérieuse Mae (Rebecca Fergusson en femme fatale impénétrable) franchit les portes du bureau de Bannister, elle veut utiliser la machine pour un obscur prétexte.

Gael Golhen
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Petites danseuses

Monteuse de formation puis réalisatrice de sujets pour la télévision, Anne- Claire Dolivet signe ici son premier long métrage, un documentaire consacré à des fillettes qui rêvent de tutus, de pointes et d’Opéra de Paris. Avant d’y arriver (pas aux tutus et aux pointes mais à l’Opéra Garnier), Ida, Olympe, Marie et les autres devront en passer par des cours privés donnés par l’intraitable Muriel, véritable « star » du documentaire. Revêche, autoritaire, vacharde, cette prof paraît tout droit sortie d’une comédie de Claude Zidi.

Christophe Narbonne
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La Terre des hommes

Le monde agricole inspire décidément le cinéma français à travers des œuvres qui, sur ce socle commun, développe des récits extrêmement différents. Après Petit paysan, Au nom de la terre, Revenir et La Nuée, Naël Marandin (La Marcheuse) met ici en scène un jeune couple d’agriculteurs – Constance et Bruno (Diane Rouxel et Finnegan Oldfield) - tentant de reprendre la ferme du père de Constance (Olivier Gourmet) avec un projet novateur et écolo mais qui ne peut prendre forme qu’avec le soutien financier des puissants syndicats agricoles.

Thierry Chèze
Affiche_Les Sorcières d'Akelarre
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Les Sorcières d'Akelarre

"Rien n’est plus dangereux qu’une femme qui danse " Cette phrase lancée par un des protagonistes des Sorcières d’Akelarre résume à elle seule ce cinquième long de l’argentin Pablo Agüero dont l’action nous conduit en 1609 au cœur du Pays Basque. Ces jeunes femmes qui dansent sont six, arrêtées justement pour cette manifestation de sororité et de joie au cœur d’une forêt, considérée comme une cérémonie diabolique par la couronne espagnole. Celle- ci dépêche alors sur place un jeune juge avec une mission claire : se débrouiller pour qu’elles soient condamnées pour sorcellerie.

Thierry Chèze
Affiche_D'Artagnan et les Trois Mousquetaires
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D'Artagnan et les trois Mousquetaires

Ce fut une série- culte des années 80. 26 épisodes de 22 minutes, co- produits par l’Espagne et le Japon, accompagnés par un générique entêtant que vous avez du mal à chasser de votre esprit une fois dès que ses premières notes retentissent (le « Un pour tous et tous pour un… » composé par un certain Jean- Jacques Debout). Une adaptation plutôt rigolote des Trois mousquetaires de Dumas mais appelée à rester au rayon souvenirs d’enfance désuets entre deux barres de Raider et un verre de Pschitt orange.

Thierry Chèze
France de Bruno Dumont : affiche
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France

Le film devait s’appeler Par ce demi-clair matin, en écho à un recueil de textes de Charles Péguy où l’écrivain patriote vante l’excellence de la France. Il s’intitule finalement, plus simplement, plus frontalement, France. Comme le pays qu’il ausculte, donc, et comme son héroïne, France de Meurs, star d’une chaîne d’info en continu, présentatrice vedette ivre de son pouvoir et amoureuse de son propre reflet, qui abrutit les masses avec des débats populistes en prime-time et des reportages bidonnés à l’autre bout du monde.

Frédéric Foubert
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Fragile

L’héroïne du premier long métrage d’Emma Benestan est une actrice de série télé. Et - hasard ou coïncidence ? – il y a quelque chose de la sitcom TV dans le récit qui y est développé. Cette histoire d’amour entre cette comédienne et un jeune ostréiculteur qu’elle va un temps quitter pour son partenaire, alors que lui va peu à peu tomber sous le charme de sa meilleure amie qui faisait tout pour lui remonter le moral. On croit percevoir l’envie de la réalisatrice de jouer avec les codes de ce type de bluettes du petit écran.

Thierry Chèze
Affiche_Les Sentiers de l'oubli
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Les Sentiers de l'oubli

Dans la campagne chilienne, une femme âgée, dont le mari vient de mourir, tombe amoureuse de sa nouvelle voisine, chanteuse dans un bar appelé Porvenir (L’Avenir). Au grand dam de sa fille et des commères du voisinage… Dans la lignée du récent Deux de Filippo Meneghetti, Les Sentiers de l’oubli propose une histoire d’amour entre femmes septuagénaires, élégamment filmée, dans un mélange de naturalisme et de stylisation, bordé par les fantasmes et le fantastique.

Frédéric Foubert
L'affiche de Bac Nord
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Bac Nord

En 1992, Bertrand Tavernier et son coscénariste, Michel Alexandre, donnaient un coup de fouet salutaire au polar français avec L.627 dont le titre cryptique renvoyait à un article du Code de la santé publique. Vingt-huit ans plus tard, Bac Nord fait de son côté écho à une unité de la Brigade anti-criminalité des quartiers nord de Marseille, tristement célèbre pour avoir été au coeur d’un gigantesque coup de filet anti-corruption en 2012. Le rapprochement entre les deux films ne repose pas uniquement sur leurs appellations codifiées.

Christophe Narbonne
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Summer white

Rodrigo a 13 ans. Sa mère Valéria l’élève seule dans une relation fusionnelle qui rend complexe la présence d’un tiers au quotidien. Alors quand Valéria tombe amoureuse d’un homme et installe son nouveau petit ami dans leur maison, à la périphérie de Mexico, la jalousie de Rodrigo va prendre des formes de plus en plus incontrôlables, face à la fin de cette relation exclusive qui constituait son cocon douillet.

Thierry Chèze
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Les Fantasmes

La ludophilie (le fait d’être excité par l’idée de jouer un rôle), la dacryphilie (être excité par les larmes), la sorophilie (être excité par la sœur de l’être aimé), la thanatophilie (être excité par la mort), l’hypophilie (être excité de ne plus faire l’amour), l’autagonistophilie (être excité d’être regardé en faisant l’amour)… Voilà les 6 fantasmes choisis – parmi une liste de 250 – par les frère David et Stéphane Foenkinos – pour répondre favorablement à la proposition de deux autres frères Eric et Nicolas Altmayer (OSS 117) : signer un remake à leur main du film choral au

Thierry Chèze
Louloute affiche
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Louloute

C'est la conjonction d'un événement douloureux (la vente de la ferme familiale) et d'un hasard heureux (son premier amour qui débarque dans l'établissement où elle enseigne) qui va replonger Louise dans son enfance. Ces années 80 où le bonheur insouciant à la ferme de ses parents a vite été rattrapé par la crise du lait qui les a fragilisés.

Thierry Chèze
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Free Guy

Guy (Ryan Reynolds à son meilleur) se lève chaque matin de bonne humeur. Et il suit, sans se départir de son sourire, le même rituel : il salue son poisson rouge, enfile une chemisette bleue, va acheter son café puis rejoint la banque pour s’installer au guichet où il travaille. La routine est son mode de vie et rien ne semble devoir la bousculer jusqu’au jour où lui tombe dessus LE coup de foudre.

Thierry Chèze
Affiche_Escape Game 2 : Le monde est un piège
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Escape game 2 - Le monde est un piège

En 2019, Adam Robitel avait surfé avec succès (plus de 150 millions de dollars de recettes mondiales) sur la mode des escape games avec un film construit sur un principe d’un jeu mortel à la Saw dont les personnages meurent l’un après l’autre, faute d’avoir trouvé à temps une solution aux énigmes proposées. Cette suite était donc inévitable avec un principe inchangé – six concurrents, dont on va vite comprendre qu’ils ont déjà joué à ce type de jeu et n’ont pas été réunis par hasard – et une course contre la mort qui va égrener ses victimes.

Thierry Chèze
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Rouge

Quatre ans après le très sympathique Good Luck Algeria, Farid Bentoumi monte en grade avec ce deuxième long-métrage labélisé « Cannes 2020 », porté une nouvelle fois par sa « muse » Sami Bouajila. Bouajila dont on ne cesse de redécouvrir l’incroyable talent, qui se paie même le luxe de se bonifier avec l’âge. L’acteur de 54 ans dégage désormais une sagesse qui fait d’emblée autorité, son charme doux n’exclue pas cependant les passages en force, de ceux qui imposent le combat.

Thomas Baurez
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Passion simple

Porter à l’écran un monologue intérieur où l’auteur raconte son intimité n’est jamais aisé. Comment traduire par des personnages en chair et en os ces mots sans ne perdre la puissance de l’imaginaire que sa lecture a pu susciter ? Danielle Arbid s’y emploie avec superbe dans l’adaptation de ce livre où Annie Ernaux décrivait en détails sa relation passionnelle adultère avec un diplomate russe marié. Une relation circonscrite à leurs rendez- vous en chambre, qui lui manquaient dès le moment où ils s’achevaient sans savoir alors quand aurait lieu le suivant.

Thierry Chèze
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Vent chaud

Développer à l’écran un langage cinématographique nourri par les codes de la culture gay sans crainte de se montrer très explicite pour raconter l’histoire d’un employé du département ressources humaines d’une compagnie minière dont le désir – souvent assouvi – pour certains de ses collègues va se muer en pulsions obsessionnelles forcément dévastatrices. Le geste du brésilien Daniel Nolasco n’est évidemment ni anodin, ni gratuit dans le Brésil de Bolsonaro assez peu gay friendly.

Thierry Chèze
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Ce qui reste

L’affiche du nouveau Anne Zohra Berrached (Deux mères) ne ment pas. Si un couple y figure, le visage de la femme occupe quasiment tout l’espace avec, sur la droite, coupée et floutée, celui de son mari. Car c’est bel et bien à travers le regard de Aslid, jeune fille d’origine turque qu’on va suivre le récit en dents de scie et riche en surprises tragiques de sa relation avec Saeed, un immigré arabe libanais, venu en Allemagne pour échapper à la guerre, rencontré par hasard dans une fête foraine.

Thierry Chèze