Roselyne Bachelot au Festival de Deauville 2020
Roselyne Bachelot au Festival de Deauville 2020 : Shootpix/ABACA

La Ministre de la Culture était l’invitée ce matin de la matinale de Jean- Jacques Bourdin sur RMC et a précisé que le 7 janvier n’était qu’une date « de revoyure ».

La Ministre le plus populaire de France qui se rend à une matinale radio le lendemain du jour où son ministère a paru humilié sur la place publique et où tous les arbitrages ou presque semblent avoir été faits en sa défaveur. Certains ont pu imaginer que Roselyne Bachelot fasse une « Nicolas Hulot » ce matin face à Jean- Jacques Bourdin sur RMC. Et présente avec panache sa démission, fatiguée d’être écoutée mais jamais entendue.

Ces doux rêveurs et amateurs de geste symbolique de soutien en ont été pour leurs frais. Son absence remarquée hier soir aux côtés de Jean Castex ? Balayée en deux phrases. Sa réaction face à ce parti pris de laisser les salles de spectacle fermées quand on pourra toujours aller dans les grandes surfaces ou les lieux de culte, ouvrant la porte à l’idée d’un deux poids deux mesures par rapport au fameux flux de public redouté et de la culture résumée à une simple variable d’ajustement ? Pas un mot. Sa réponse à un Charles Berling la décrivant hier sur LCI comme « une ministre qui se bat dans un gouvernement de petits commerçants alors qu’on est en train de détruire les lieux culturels, foyers de pensée, de plaisir, de partage, au profit d'un consumérisme terrifiant".». On ne l’entendra pas. Son commentaire face aux affirmations qu’elle perd arbitrage sur arbitrage ? L'art de la langue de bois à son apogée.

Roselyne Bachelot a choisi une ligne ce matin. Manger son chapeau. Pas de vague. Respect de la discipline gouvernementale, se contentant de paraphraser ce que disait Jean Castex hier sans surtout faire entendre la moindre petite musique dissonante : Ce qui serait terrible pour le monde de la culture, c'est ce qu'on appelle le stop and go. Rouvrir le 15 décembre pour éventuellement refermer les salles de spectacle et de cinéma le 2, le 3 ou le 7 janvier, je crois que là on assassinait la culture si on avait fait ça. » Elle a aussi expliqué qu’aucun membre du secteur ne serait laissé sur le côté, financièrement parlant, et que sa mission est désormais toute entière dédiée à s'y employer. Le tout agrémenté cependant de quelques inexactitudes : quand elle affirme par exemple que toutes les salles de cinéma sont fermées en Europe, alors que ce n’est ni le cas en Espagne (sauf en Catalogne), aux Pays- Bas ou au Portugal, avec évidemment des protocoles sanitaires stricts. Les mêmes que ceux qui étaient prévus en France.

Bilan ? On ressort de cette interview guère plus éclairé qu’en y étant rentré. Sauf sur deux points. Sa défense mordicus des Grosses Têtes de RTL (dont elle fut une des sociétaires) accusée d’homophobie, où jamais sa parole n’a paru plus limpide qu’à ce moment- là. Et une précision sur un flou (volontairement ?) entretenu hier soir. « Le 7 janvier n’est pas une date de réouverture mais de revoyure ». Une manière de dire qu’il n’y a aucune date prévue concrètement pour la réouverture des lieux de culture, même un simple objectif ? Cela sonne désormais comme une évidence. Et c'est Roselyne Bachelot qui l'aura précisé, pas le Premier Ministre. Une manière de manger son chapeau jusqu'à la dernière bouchée.

A lire aussi sur Première

Les films à voir dès la réouverture des salles le 19 mai

Des reprises (Adieu les cons, Drunk...) et des nouveautés (Mandibules, Envole-moi, Falling...).