Steve Jobs & Team Bondi goes to heaven
La Team Bondi, studio australien né en 2003 sous l'impulsion de Brendan McManara, n'aura connu qu'un seul jeu : le feutré L.A Noire. Mise récemment en liquidation judiciaire, l'entreprise n'aura pas survécu à un développement fleuve, chaotique, ni à des ventes honnêtes mais insuffisantes pour lui sortir la tête de l'eau. Si 2011 est une année prélude à l'apocalypse, alors espérons que Saint Roland Emmerich ait vu juste et qu'il nous délivre de nos souffrances. Les annonces business de studios mettant la clé sous la porte n'ont cessé en effet de tomber : Mindscape, DarkWorks, Nobilis, des licenciements chez le développeur de Mafia 2 ou chez THQ, et on en passe. La conjoncture est difficile, mais surtout le système de développement des jeux est devenu impitoyable. L'échec d'un triple A est impardonnable.A ces nouvelles résonnent les longs propos de Tameem Antoniades, directeur créatif chez Ninja Theory, studio auteur de nanars surproduits comme Heavenly Sword, Enslaved ou le prochain Devil May Cry sur lequel on ne mise rien. Antoniades nous met devant l'évidence : désormais, il y a le triple A, puis le reste, majoritairement les jeux faits pour le téléchargement. Le juste milieu disparait. Et ceux qui tentent le coup y perdent souvent leurs plumes (Game Republic). On peut encore suivre Antoniades lorsqu'il accuse le conservatisme des distributeurs, en quête perpétuelle de valeurs sûres entraînant un manque d'innovation. En vérité, c'est le système qui est pervers : l'évolution technologique a poussé les coûts de développement vers des sommes délirantes pour des projets embouteillant les calendriers. Faire des jeux demande plus de temps et plus d'argent, avec plus de conséquences à la sortie si c'est un échec. Bref, le cercle vicieux du capitalisme moderne : minimiser les risques, et tant pis si ce système nuit d'évidence à la créativité, entraînant pléthore de licences parfois encore superbes (Gears of War 3), mais comme exténuées par un environnement mouvementé qui frémit à l'idée de se renouveler.La tablette de JobsAu même moment survient le décès de Steve Jobs. Quel rapport ? Son influence sur la tectonique du jeu vidéo est désormais incontestable depuis que iOS et AppStore ont changé radicalement le paysage. Sans revenir sur le débat smartphone, il faut reconnaitre à Jobs d'avoir agit avec un idéal politique puissant. Appliquant au jeu vidéo ce qu'il a fait pour la musique (lissage des prix), Jobs a modifié en profondeur, et vite, l'écosystème de toute une industrie. L'ambition est économique, mais surtout démocratique. N'en déplaisent à ses ennemis, Jobs a casualisé plus que Nintendo ne pouvait en rêver le jeu vidéo. Il l'a rendu plus simple et accessible que ne le sera jamais n'importe quelle DS.On peut ergoter sur la qualité ou la jouabilité des jeux iOS, mais on ne peut nier que la machine Apple a permis aussi l'accroissement économique d'une scène indé qui avant distribuait souvent ses jeux gratuitement en ligne. En parallèle au succès des titres en Flash, l'AppStore a permis l'essor potentiellement rentable de nouveaux visages rappelant l'âge d'or de la micro - ce qui prolonge au passage l'individualisme philosophique acharné de Jobs. On sait que les vrais succès sont rares sur iOS (ou Android) ; que le système nivelle aussi souvent vers le bas et qu'il faudra bien un jour accepter de débourser plus pour voir des grands jeux, mais cette stratégie de démocratisation est une vraie réforme. Elle chamboule l'industrie (qui du coup panique et tente comme Nintendo de faire valoir ses traditions), sans qu'on sache dire désormais vers où elle va., nous laissant devant un paradigme inédit et à construire. Mais on imagine que les tablettes vont bientôt tourner, et Jobs parler en Siri depuis l'au-delà. Via
- Les plus populaires
- Les plus récents
- Les plus anciens
-
Prototype 2 3 -
Trials Evolution 4 -
Max Payne 3 4
-
Max Payne 3 4 -
Starhawk 2 -
Mortal Kombat 3

