Sortie : Neverdead, la mort va nous manquer

Déboulant avec son air cool de rebelle débraillé, Neverdead a de quoi séduire. En finir avec le game over, quelle bonne idée. Oui, mais pas si simple.Débarqué après la guerre avec son héros hard boiled héritier d'Hellboy, Neverdead fait un double pari : se chercher une place au soleil derrière Max Payne et Devil May Cry, son plus proche cousin, et révolutionner l'antique mécanique du game over. Rien de moins. Pour ça, Konami a trouvé un moyen très simple dont le titre a vendu la mèche : le personnage ne peut pas mourir. Mi-homme mi-démon, il est immortel. Plus de barre de vie, ni de compteur nulle part, mais un corps qui se démembre à loisir au contact des ennemis (ou selon la volonté du joueur), et qu'il faut rafistoler sans cesse. Les bras peuvent ainsi continuer à tirer à l'autre bout d'une pièce, le héros sautiller sur une jambe pour aller récupérer l'autre ou continuer à mener sa lutte contre des hordes d'ennemis ; le plus souvent c'est en pilotant une tête tourneboulante qu'il faut se frayer un chemin vers les autres parties de son corps, parfois dans des conduits permettant de débloquer des endroits inaccessibles. Quel challenge alors ? Deux choses mènent au game over, auquel le jeu ne renonce pas totalement : lorsque la tête du personnage est aspirée par un ennemi, et quand son acolyte, mortelle et qu'il faut protéger, se fait tuer. Tiendrait-on le premier Ico baddass ? Pas vraiment.Sur le principe, Neverdead promet beaucoup. Manette en mains, c'est autre chose. Son concept rigolo s'épuise rapidement. D'abord parce qu'on peut jouer indifféremment de l'autre personnage, vaquant la plupart du temps à ses occupations sans être vulnérable. On avance ainsi sans crainte au fur et à mesure de niveaux négligeables, déblayant zone sur zone et générateur d'ennemis sur générateur d'ennemis, quasiment identiques du début à la fin. Répétitif et linéaire, le jeu montre rapidement son manque d'enjeu à la fois par son level design (malgré quelques idées) et son système. Puisqu'on on ne peut plus vraiment mourir, seul le gameplay devrait alors pousser à ne pas se faire démantibuler ; et au travers du gameplay le style, matrice de Devil May Cry, devrait être un élément moteur de notre plaisir. Problème, ses limites sont vite atteintes. Pas de combo et donc d'enchaînement qui puisse varier les attaques à l'épée ou aux flingues, peu de possibilités dans les mouvements, un système de garde inutile ou dérisoire, des ennemis aux patterns ultra basiques et des boss dont les points faibles sont signalés au gyrophare, bref, Neverdead devient rapidement bourrin, facile et surtout très bordélique.On aurait pu apprécier son côté anar, petit jeu punk dans la lignée du sympathique WET, définitivement culte pour sa BO psychobilly. Peine perdue, l'idée de départ est si mal exploitée et le jeu parfois si mal fichu, que courir en permanence après ses membres devient une punition. Sans réelle courbe de progression au fil des niveaux, ni par sa difficulté, ni par son système d'upgrade limité (principalement du boost), Neverdead se boucle en pilotage automatique. Ce qu'on excusait au début (le recyclage intensif), finit même par agacer un peu, tant le manque d'originalité tombe le masque à force que le gameplay se révèle. Finalement, la mort c'est pas si mal.2/5NeverdeadRebellionKonamiXbox 360 / Playstation 3
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