Marc Ecko's Getting Up: Lève-toi et tagge

17/02/2006 - 17h39
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Marc Ecko's Getting Up: Lève-toi et tagge

Marc Ecko, Pape du graff et du streetwear, a mis 7 ans pour concrétiser ce projet. Le graff, le tag, le pochoir sont des signatures qui peuplent notre univers urbain. Reconnus comme mouvement artistique quelques années après que l'un des pionniers, Futura2000, ait noirci les murs de New York au feutre. Tagger, littéralement "mettre sa marque", est une philosphie.Getting Up nous propose d'incarner Trane, un jeune graffeur. Sous la coupe d'un maire fascisant, la ville de notre héros, Radius City, est sillonnée par des hordes de CRS oranges à la matraque facile. Mais Trane a soif de liberté et de reconnaissance, et il va enfreindre toutes les lois et se mettre de nombreux rivaux, jusqu'à devenir ennemi public numéro N°1. Pour devenir une légende.

L'idée est d'aller marquer votre territoire jusque dans des espaces improbables, en évitant de vous faire ratonner. Grisant en théorie, mais dans les faits, c'est vraiment autre chose. L'aspect graphique du jeu est propre, sans plus. Bien qu'alléché par des menus et une interface de jeu très soignés et immersifs, on déchante beaucoup, ingame. Néanmoins, les graff, pochoirs et tags sont assez réussis. Autre regret, sur les plateformes plus faibles, des textures qui disparaissent quand on s'en approche, ainsi que des scintillements bizarres. Dans les décors chargés, les ralentissements sont même honteux. Cela contraste avec le doublage au cordeau et la banse-son, choisie avec goût et valorisée par un choix des pistes via une interface d'iPod. La maniabilité, quant à elle, est assez tolérante sur l'adhérence des prises pour combler sa tétraplégie chronique. C'est vouloir faire Spiderman avec le Pr. Xavier. On perd tout le plaisir de l'escalade, surtout avec la caméra, indomptable. Le système de combat, quant à lui, est très vite fouilli en espace réduit ou à plusieurs, et ultra-répétitif face à des adversaires crétins. Le nerf de la guerre, la technique de graff, est trop rigide. Getting Up ne passe malheureusement pas le contrôle technique. Le gamepley lui-même finit par se résumer à "Répérer, bastonner, pirouetter, bomber".

La présence des affrontements soulève toutefois des questions, à mon sens. Marc Ecko est un artiste engagé dans le plebiscite de l'art mural de rue, qui organise différents évènements afin de promouvoir la liberté d'expression. Le jeu en lui-même, par extension, est une incitation à revendiquer son droit à la parole. Chaque artiste réel, modélisé pour l'occasion, vous dispense des conseils positivistes, une évangélisation à la street culture, qui nécessite quelques clés pour la comprendre. Le graff est apparenté au mouvement Hip-hop, lui-même issu de la pensée de la Zulu nation et lié aux Rastafaris. Des voeux de respect et de non-violence, afin de libérer l'homme et le réconcilier avec Dieu et son environnement. Si Marc Ecko et tous ses pairs partagent cette philosphie, on se demande pourquoi l'accent a été autant porté sur les affrontements et pas plus sur la discretion. Pêchant lourdement par la forme, Getting up est très dense, et l'on ressent toute l'implication culturelle initiale. Très immersif malgré la maniabilité capricieuse et des bugs graphiques, il pourra vous retenir si vous passez outre. Le jeu véhicule un message louable, mais fallait-il lester les gants ? Les bombes des graffeurs ne tuent que l'immobilisme et le silence. Get up.PS: Getting Up a été banni en Australie. Quand la réalité rejoint la fiction.

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