Google+ donnera-t-il un second essor au social gaming ?
Jens Begemann, PDG de Wooga, FaceBuddy"Sur Facebook, {la plateforme prend} 30% de vos revenus, alors que sur Google+ c'est, au départ tout du moins, seulement 5%. Mais pour moi, toutes ces discussions sur la part ponctionnée va dans la mauvaise direction. A mon sens, l'important n'est pas de savoir à quelle part de la tarte j'ai droit {...}, mais plutôt de savoir quelle est la taille de la tarte que vous pouvez cuire.
"Je ne pense pas que les 30% que FaceBook s'accorde soient un problème. La plateforme est gratuite, vous avez des tonnes de réseaux de communication, beaucoup de communication virale à l'atention des utilisateurs, c'est une plateformefantastique et vous y avez un trafic qui pèse des millions de dollars. Et vous avez droit à tout cela gratuitement. Ce n'est d'ailleurs que quand vous rencontrez le succès que vous cédez ces 30, alors c'est une mesure juste. {...}
Nous pensons que Google+ est intéressant et nous avons estimé que nous pourrions l'essayer, car nous sommes curieux de voir comment cela se développe. Mais nous sommes toujours très, très impliqués sur FaceBook. Nous n'y ralentirons pas notre activité."
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Google+, c'est ce réseau social dont tout le monde parle sur FaceBook. Depuis la seconde semaine d'août, une quinzaine de titres auxquels on peut déjà jouer ailleurs ont été mis en ligne, regroupant des studios qu'on a pu croiser sur l'autre réseau social. La principale différence entre FB et G+ sur le plan du gaming est que toute votre activité de procrastination ludique n'est pas imposée à vos contacts dans le feed générique, maisglissé dans l'onglet de jeux. "What happens in the games section stays in the games section", et ça n'est pas un mal quand, à force d'agacement, on a mis en place une politique de tolérance zéro envers les notifications qui parlent de ferme ou de sudoku.Cette approche, selon David Glazer, Directeir de Conception sur G+, veut officiellement privilégier la qualité plutôt que la quantité. Une autre façon de dire que, malgré une commission de seulement 5%, l'audience de G+ est tellement négligeable que Zynga n'y mettra pas FarmVille dès demain, que les utilisateurs n'auront pour le moment que des portages d'un catalogue rentable et rentabilisé.
Malgré l'adhésion réticente des utilisateurs à Google+, ainsi qu'une ludothèque usée, FaceBook ne compte pas se faire devancer sur le long terme. Sean Ryan, Directeur des partenaires jeux chez FB a reconnu que depuis l'éradication des notifications envoyéesà vos amis par le biais de vos applications ludiques, le volume de joueurs avait indéniablement stagné sur la plateforme.Elle reste aux alentours de 200 millions, et commence donc à être considérée comme une audience captive, c'est pour cela que le réseau s'est penché sur des fonctions annexes pour revaloriser son service. Des suggestions de jeux, mais surtout de nouvelles fonctionnalités permettant le développement de jeux dont la structure était incompatible avec le réseau jusqu'à présent, sont à l'ordre du jour.
Nous avons donc deux services concurrents, un qui ne décolle pas et un qui ne décolle plus, offrant un répertoire de jeux quasi-identiques. Pour attirer les utilisateurs vers les services de gaming et continuer à attirer les développeurs des segments social et casual, ils devront rechercher la différence. Dans l'interface, le traitement des applications, la manière dont elles sont poussées auprès du public. Ils devront changer l'architecture de leur plateforme ou la préciser pour donner aux studios l'opportunité d'introduire des expériences ludiques plus complexes.
Et graduellement, on en vient à voir le duel entre G+ et FB comme une guerre des consoles. Google+ contre FaceBook, c'est un peu comme la PS3 contre la 360, l'architecture ouvre le champ des possibles aux développeurs, la stratégie du marketplace influence les affinités des studios.Plus concrètement, si l'on poursuit cette analogie, ce qui poussera les utilisateurs à choisir un réseau plutôt que l'autre, ce sera les exclusivités. Faites d'un blockbuster un titre multiplateformes, partagez les serveurs sur les deux supports, et vous nivelez la concurrence. Mais cloisonnez votre jeu et ses millions d'utilisateurs quotidiens, refusez-en le portage, et vous créez un facteur de prescription.
Alors que l'industrie du social et casual gaming réalise que le clonage et la redondance des catalogues engorge le marché, ce besoin de diversité rencontre la rivalité naissante entre deux réseaux sociaux, qui remet en question le statut de plateforme ultra-dominante, voire unique de FaceBook. d'un point de vue entrepreneur, on dit que la compétition est une bonne chose pour le consommateur. L'émergence de Google+ pourrait être ce dont les studios avaient besoin pour redynamiser l'offre, et redéfinir leur relation éditoriale.
La concurrence est une forme de danger, mais dans le cas présent, c'est un élément perturbateur nécessaire qui se manifeste au moment où la diversité et la créativité agonisaient au fond d'une grange. Certes, Google+ n'as pas encore une influence suffisante pour inquiéter FaceBook, ce qui ne l'empêchera pas, pourtant, de faire réfléchir les développeurs.
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