Game, vague de fermetures
Dans la tourmente, le revendeur spécialisé Game ferme une série de boutiques en Angleterre. Et si la baisse des prix, dans le jeu vidéo comme ailleurs, c'était vraiment mal ?Aussi connue mais peut-être pas autant populaire en France que Micromania, l'enseigne Game est dans la tourmente. Depuis déjà quelques semaines, suite à des résultats sur 2011 en chute libre, le revendeur spécialisé de jeux vidéo broie du noir. Pourtant, sur le marché, ils ne sont pas nombreux et c'est pas comme si un nouvel arrivant avait bouleversé la donne ; la Fnac est certes très agressive sur le marché de l'occasion, en proposant les meilleures offres, mais pas de quoi expliquer une telle dégringolade au point qu'aujourd'hui l'enseigne, d'origine britannique, doit fermer 35 boutiques sur son territoire. A l'heure où les éditeurs bataillent contre les revendeurs d'occasion avec leur online pass et toujours plus de jeux en téléchargement (la Vita propose son catalogue des deux manières), les enseignes commencent à voir rouge. C'est aussi que, on l'a déjà plusieurs fois souligné ici, les habitudes des consommateurs ne sont plus les mêmes depuis que le smartphone a modifié la notion de prix associé à un jeu. On va voir ailleurs. On est plus radin. Puis on dira que c'est la crise, hein. Que, pas bêtes, les joueurs vont au moins cher, justement en Angleterre, qui casse les prix avec sa TVA moins élevée. Sans compter les baisses flashs à peine un jeu est-il en vente, parce qu'il n'atteindrait pas un volume suffisant. Internet aussi, notamment par Amazon, entraine les prix vers le bas, poussant les enseignes physiques à les suivre. Ainsi le prix barème des rondelets 70 euros sur PS3/X360 n'est presque plus qu'un souvenir à la sortie d'un jeu. Qui pourrait encore se le permettre ?Face à ces bouleversements, Game comme les autres ont du s'adapter. Et puisqu'on veut le moins cher, comme en tout, au bout d'un moment il faut licencier, le cash à distribuer manque. Ainsi va la politique du discount, la pire du monde, cachant toujours derrière le bénéfice du consommateur la précarité de ceux qui lui fournissent ce dont il jouit en bon radin (Planète Saturn n'avait-il pas fait sa publicité sur ce créneau ? Pour être finalement racheté). Comme il n'y a rien de pire, avec ces choses là, que la radinerie, sinon ceux qui profitent des coupes faites sur son dos (et qui sont tout aussi radins), on peut donc dire que cette annonce n'est pas une bonne nouvelle. Toutefois, soulignons que le jeu vidéo est cher et qu'il fallait bien que les prix baissent. Sinon quoi, si à chaque nouvelle génération la facture s'alourdissait, les prochaines machines afficheraient des titres à près de 100 euros, ce qui serait la meilleure manière pour toute l'industrie de se tirer une balle dans le pied. Reste à redéfinir le modèle, mieux s'adapter.Mais si vous voulez en finir avec tout ça, il doit bien rester près de chez vous une échoppe avec ses piliers de comptoir où achetez vos jeux. A moins que ce ne soit déjà une habitude de vieux con. C'est pourtant ça, une véritable économie démocratique. Via
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