C'est la guerre des mots entre Battlefield et Call of Duty
John Riccitiello, PDG d'Electronic Arts, Offensant"Ce que je pense, c'est {qu'avec Battlefiel 3} nous avons le meilleur jeu, la meilleure accroche. Et si vous pensez à vos lecteurs, il s'y trouve des gens qui peuvent voir la différence entre un bon et un mauvais jeu. Nous allon réussir sur ce plan. Beaucoup de gens ont plutôt acheté Modern Warfarepour le poser sur un coin de table et ne pas y jouer pendant deux mois. C'est ce grand public... auprès de qui ils vont gagner. La question est "Alors si le joueur achète notre jeu et que le grand public achète leur jeu à eux, comment faire se rencontrer ces deux mouvances ?"
Et tout ce que je voudrais, c'est les faire pourrir de l'intérieur."
Eric Hirshberg, PDG d'Activision Publishing, Offensé"La compétition est évidemment une bonne chose. Elle nous maintient en éveil, et finalement améliore les jeux. C'est sain. Mais c'est une chose de vouloir que son réussisse, et une tout autre chose de dire publiquement qu'on désire que les autres jeux échouent. {...} Je pense que cette rhétorique {employée par John Ricitiello} est mauvaise pour notre industrie. Vous imaginez le patron de Dreamworks sortir un nouveau film et aller devant la Presse pour dire qu'il souhaite que Toy Story pourrisse de l'intérieur ? C'est dur à imaginer, n'est-ce pas ? {...}
Ce n'est pas de la politique. Afin de gagner, l'autre n'a pas besoin de perdre. {...} Nous ne devrions pas nous entre-déchirer, dans le but d'obtenir une plus grosse part du gâteau. Nous devrions plutôt nous consacrer à la fabrication d'un gros gâteau. Si en tant qu'industrie, nous agissons comme s'il n'y avait qu'un nombre fini de jeux au monde, alors ça sera le cas."
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Les joutes verbales entre Electronic Arts et Activision ne remontent pas au duel entre leurs FPS de guerre, mais à la friction entre Guitar Hero et Rock Band. Déjà deux produits similaires, un leader contre un challenger et deux stratégies d'éditions qui se mangeaient la laine sur le dos sur un secteur qu'ils ont fini par saturer. L'enjeu du grand public, qui achète les yeux fermés "parce que tout le monde en parle" ou parce que les posters en 4x3 dans le métro grouillent de citations élogieuses achetées à des magazines complaisants, reste au centre de la discussion.
Ce grand public est-il un faiseur de réussites, ou est-ce que le core gamer possède encore un quelconque pouvoir de prescription.
Les mots de Riccitiello, en anglais dans le texte peuvent aussi bien signifier qu'il désire une dégradation de l'intérieur, mais aussi par le biais de ce segment core-gamer que Battlefield 3 aurait séduit par son contenu et son offre commerciale, pas seulement par le ronronnement de sa propriété intellectuelle.
Néanmoins, et malgré un angle qualitatif, Battlefield 3 reste quand même le troisième épisode d'une série qui compte jouer sur la sympathie des core-gamers. Le dernier Medal of Honor avait échoué dans la démarche, BF3 pourra peut-être entamer les parts de marché de MW3 en étant simplement moins médiocre que son cousin. On reste néanmoins sur des produits qui s'entassent dans un même segment, et qui n'apportent quasiment rien au genre en dépit d'une cadence éditoriale soutenue.
Si EA et Activision veulent vraiment que le gâteau soit plus gros, il faudrait penser à varier les garnitures.
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