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Brèves de Paddle : David Braben

09/12/2008 - 15h37
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Brèves de Paddle : David Braben

 

David Braben, PDG de Frontier Developments, para-visionnaire"Nous ne percevons rien des ventes de jeux d'occasion, ce qui est une des raisons pour laquelle le prix des nouveaux jeux reste artificiellement élevé. Je veux dire, l'industrie doit faire tout son chiffre d'affaire sur la première vente, puisque qu'on ne perçoit pas un centime de la douzaine de ventes suivantes sur un même jeu. {...}Il y a cinq ans, un grand jeu se serait vendu sur une période plus longue qu'un mauvais jeu, et c'était notre principale motivation pour faire de bons jeux. Mais plus maintenant. Maintenant, les éditeurs et les développeurs ne voient des rentrées d'argent que les premières semaines, quelle que soit la qualité du jeu, et ensuite, les joueurs commencent à acheter des versions d'occasion, qui génère de l'argent qui va dans la poche de GameStop, et dans aucune autre."Braben s'engage dans la même voie que Mike Capps, et stigmatise le marché de l'occasion. Pour sa défense, les réseaux comme GameStop, Game et Micromania surévaluent les jeux d'occasion, même 6 à 8 mois après leur sortie, tant qu'ils sont recherchés. L'argus de rachat de son côté se résume à 2/3 de la valeur du jeu lors de sa période de gloire, puis une dévaluation en flèche suivant sa réception critique et son potentiel de revente.David Braben occulte en revanche tout ce qui motive les acheteurs pour des versions d'occasion. Des jeux courts, trop faciles, auxquels on n'a pas envie de rejouer et dont on se débarasse dès le moindre signe de lassitude. Justifier une baisse de qualité dans les jeux produits en réponse au marché de l'occasion, alors que cette dynamique repose sur les manques et défauts des jeux échangés, touche au cynisme.

Si les éditeurs ne profitent pas de ce marché, c'est parce que le produit, à l'origine ne mérite pas plus qu'un achat en occasion. Combien de fois s'est-on dit en magasin que tel ou tel jeu ne valait pas ses 70€ ?Le cercle vicieux risque de se reserrer si l'industrie s'obstine à maintenir des prix élevés pour "compenser" des ventes qu'elle a entraîné elle-même à cause des faiblesses des ses produits. Sa logique est absurde. Elle se plaint d'une situation qu'elle a créé et qu'elle cultive.Les jeux sont trop chers, mais les jeux coûtent cher à faire. Et si au lieu de claquer tout son budget dans des graphismes tape à l'oeil et un moteur fanfaron, les éditeurs se concentraient sur des jeux qui durent plus de 6h montre en main ? Des jeux qu'on remet dans le lecteur une fois terminés ?Et si, et si. Avec des "si", on mettrait Peter Molyneux en bouteille. Mais l'industrie tient à ses produits de consommation rapide, pensant que la tendance du casual et des parties courtes gouverneront bientôt les habitudes des joueurs.Les revendeurs, qu'on ignora des 8 aux 128-bits sont aujourd'hui sur la sellette. Non pas que leur stratégie ait subitement changée. Ils sont simplement devenus gênants, dans une industrie toujours plus cupide et orgueilleuse.- Via -

 

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