Elle fut l’icône d’une époque. La plantureuse Lara Croft faisait dès 1996 les beaux jours de la PlayStation. Depuis, le temps a passé, les épisodes de Tomb Raider se sont succédé sans toutefois vraiment renouveler le jeu et avec lui l’intérêt des joueurs pour que la franchise soit, au milieu des années 2000, quasiment has been. Lara Croft ringarde ? Le cinéma et Angelina Jolie par le biais de deux films sortis en 2001 et 2003 ont sans doute sur la période fait bien plus pour redorer le blason de la marque que les jeux vidéo créés sur ce début de nouveau millénaire. Lara Croft devait se reprendre en mains. La belle quittait donc son berceau natal britannique où les développeurs de Core Design lui avaient donné vie pour traverser l’Atlantique et se réfugier chez les développeurs de Crystal Dynamics. Malgré quelques tentatives, le studio ne parvint initialement pas à redonner au jeu son lustre d’antan. Jusqu’à ce que les développeurs décident clairement de revoir leur copie à zéro, de reprendre les fondamentaux et de mettre en place un reboot. Un nouveau départ et bien plus qu’une renaissance pour Tomb Raider.
Les Lascars de Crystal Dynamics avaient déjà eu l’occasion de réaliser des Tomb Raider, de Legend à Guardian of Light (sans doute le plus original alors) en passant par Underworld et l’épisode Anniversary. Rien n’y faisait alors, le cahier des charges imposé par la franchise rendait les choses impossibles. En repartant de zéro avec ce nouveau Tomb Raider, les développeurs opèrent une rupture réelle et profonde en propulsant le jeu au 21e siècle. Il était temps diront certains mais mieux vaut tard que jamais. Tomb Raider version 2013, c’est avant tout la genèse d’une aventurière ou comment Lara Croft est devenue… Lara Croft. A bord d’un bateau à la recherche d’une île mystérieuse, Lara Croft et ses coéquipiers s’échouent sur île aussi étrange que mal famée. Le frêle adolescente, aussi touchante que maladroite dans ses premiers pas d’aventurière, va alors devoir se relever et se révéler dans sa véritable nature. Arc à la main en début d’aventure, Lara Croft est malmenée, kidnappée, bousculée alors que certains de ses compagnons sont froidement abattus. Le ton est donné. Ce nouveau Tomb Raider sera sombre, éprouvant et clairement haletant tant le tempo de l’aventure est parfaitement dosé.
Tomb Raider, le reboot, n’est pas une aventure à mettre entre les mains des minos. Lara Croft, au tout début hésitante et apeurée deviendra au fur et à mesure, dans ce que s’avère être un véritable cheminement initiatique, une créature implacable et clairement habile lorsqu’il s’agit de dégainer un gun, un fusil ou un pistolet mitrailleur. Finies les fantaisies des précédents opus dans lesquels Lara effectuait des saltos en guise d’esquive. Le réalisme de l’action a ici été privilégié classant ainsi le jeu en catégorie 18+. Un réalisme qu’on retrouve même dans la conception du personnage principal lui même à des années lumières de la plantureuses et caricaturales Lara des années 90. Lara jeune est belle, sexy et sportive mais surtout attachante, déterminée et terriblement douée dans son job d’aventurière qu’elle va apprendre à la dure. Le tout au travers d’une aventure unique qui emprunte à d’autres jeux, du Tomb Raider original évidemment à Uncharted en passant par Soul Reaver (autre création du studio Crystal Dynamics) tout un possédant une emprunte unique, une patte qui fait que ce Tomb Raider ne ressemble en définitive à rien d’autre.
Un vrai beau retour en grâce pour Lara avec cet épisode qui nous fait oublier les opus de ces dernières années. L’histoire de Tomb Raider commence maintenant, en 2013.
(Testé sur ps3)