Après seize années de Need For Speed, et quinze épisodes, le jeu EA commençait, presque logiquement, à s’essouffler. Et plutôt que d’aller piètrement copier un Gran Turismo, les concepteurs ont décidé de confier ce Hot Pursuit au studio Critérion, connu pour être en charge des Burnout. Un pari pour EA, une opportunité pour Critérion comme nous l’a confié le producteur du jeu, Hamish Young : « Burnout n’a pas de licences. Et comme on est des fans de voitures, vous imaginez bien, on était emballés à l’idée de développer les voitures de nos rêves, comme la Lamborghini Murciélago ».
Mais n’y voyez pas là une opportunité de crasher à tout-va des Jaguar ou des Porsche. On reste bien dans un jeu de voiture variant entre les courses classiques, les courses contre la montre et les courses poursuite. En choisissant le camp des flics, alors oui, NFS aura un petit côté Burnout. Assumé. « On n’a pas changé notre philosophie autour des jeux de voiture : du fun, de la vitesse et de l’accessibilité. Donc oui, on pense par moments à Burnout, les gens seraient déçus d’ailleurs autrement, mais on a toujours gardé en tête qu’on faisait un Need For Speed, surtout au niveau du design. » confie Hamish, venu des studios de Guildford, en Angleterre pour rencontrer la presse française. Il renchérit sur une logique économique, de fidélité et de sensations : « Des joueurs de NFS n’ont jamais joué à Burnout, et inversement, on espère, en amenant notre propre touche, arriver à mettre tout le monde d’accord, c’est un de nos challenges ». Le résultat est à la hauteur, on vous rassure. Des sensations de vitesse hallucinantes, un design et un rythme à couper le souffle et un lot de voitures de sport à faire rougir les joueurs de football.
Petit bémol concernant le mode deux joueurs, disparu, pour renforcer le online via Autolog, un pari osé et révolutionnaire puisque l’on peut désormais comparer ses performances, ses défis, ses courses avec ses amis, qu’on préfère la jouer flic ou chauffard et celaŠ sans restriction de consoles ! Un joueur de Xbox aura connaissance des résultats d’un joueur de PC ou de PS3. « Notre plus gros challenge avec ce NFS c’est d’arriver à mettre en relation les joueurs. Pour cela, nous avons développé Autolog, un véritable réseau social, qui permet de créer une réelle compétition entre les pilotes ». Le succès du online des Call of Duty a bien révolutionné le multijoueur et l’on doit admettre, malgré notre frustration de ne pouvoir affronter ses potes, « en vrai », sur notre canapé, que l’Autolog est une belle trouvaille.
Au final, ce NFS offre, au-delà de graphismes impec’ et d’une jouabilité abordable à tous, un véritable compromis entre le jeu classique de la franchise et un aspect véritablement “Burnoutien”. Quant au mode online, il occupera le joueur jusqu’à la sortie du dix-septième épisode de la saga. Autant dire que vous ne risquez pas de vous lasser de ce Need For Speed Hot Pursuit !
Séb Olland