Max Payne 3 pourrait s’intituler Max Payne tout court. A vrai dire, pas la peine d’avoir frayé avec l’ami Max du temps où ce jeu était une production des studios finlandais de Remedy pour se plonger avec délectation dans cette aventure musclée, clairement dopée à la testostérone. Tombé dans le giron Rockstar Games, les heureux géniteurs d’un GTA IV et d’un Read Dead Redemption, Max Payne revient estampillé d'un « 3 » qui n’a pour d’autre but que donner plus d’épaisseur au personnage principal, de rappeler que le lascar a une histoire. Insister sur le background du jeu et donner plus de consistance et de valeur à la dimension humaine de ce titre plus original dans le fond que dans la forme. Car si Max Payne 3 est un pur jeu d’action, TPS diront les adeptes du jargon vidéoludique, dans lequel on avance en dézinguant tout ce qui se présente devant nous, le nouveau rejeton des studios Rockstars est aussi et peut-être avant tout un jeu possédant une véritable dimension humaine. Peut-être est-ce parce que plus que tout, chez Rockstar Games on aime raconter des histoires.
Max Payne 3 : l’humain au centre du jeu
Drôle de personnage que ce Max Payne. Ex-flic désabusé ayant perdu femme et enfant, fuyant New York après y être devenu persona no grata aux yeux de la pègre locale. Le scénario se déroule ainsi entre Sao Paulo au Brésil et ces flash back revenant sur les mésaventures new yorkaises d’un Max toujours imbibé d’alcool, toujours prompt à dégainer un de ses calibres. Max transpire le désespoir et la détresse. Les très nombreuses séquences par le biais desquelles se déroule cette histoire de kidnapping, de gangster et de trafic de drogue, montrent avant tout l’homme, brisé, alcoolique mais déterminé à rattraper ses erreurs, ses échecs. Un type attachant que ce Max Payne. Un véritable film entrecoupé de scènes d’action nerveuses où le joueur prend alors la main avec une réelle fébrilité tant certains passages demanderont (en mode vidée libre) sang froid et précision. L’empathie est là on se laisse envahir par la mélancolie ambiante et dévorante un peu à l’image de celle ressentie dans un Heavy Rain.
Un jeu vidéo pour trentenaires
Max Payne 3 est un mélange de genres. A mi-chemin entre une forme moderne et assumée de cinéma et un jeu d’action techniquement maîtrisé et quasi hollywoodien dans l’énergie déployée. On pense évidemment ici au cinéma de Tony Scott, Man on Fire en tête. Dans l’intrigue, mais aussi dans le choix des couleurs, dans les effets graphiques, gimmicks visuels dont les concepteurs abusent parfois comme Tony Scott, encore lui, dans son Déjà Vu ou son Domino. Un entre deux séduisant pour une œuvre résolument mâture alors qu’on déambule dans les favelas de Sao Paulo entre membres de gangs, dealers, prostituées et strip-teaseuses, qu’on enchaîne les exécutions ou qu’on assiste à des scènes de torture. Les dialogues souvent crus enchaînent les phrases définitives qui faisaient le charme des films d’action des années 80-90 avec Bruce Willis ou Arnold Schwarzenegger. Pour le coup, le 18+ affiché sur fond rouge sur la jaquette prend tout son sens. Max Payne, par le profil même de son héros, est un jeu assumé pour trentenaires ou quarantenaires. Un titre rare, violent et savoureux comme un bonne rasade de whisky.
TSR
Le jeu est testé sur PlayStation 3 mais existe dans des versions équivalentes sur Xbox 360 et PC.
(Testé sur ps3)